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L’intelligence économique consiste à aider les entreprises à s’organiser pour collecter les informations légales sur la concurrence, les marchés, les technologies émergentes. L'intelligence économique est aujourd'hui, pour l'entreprise, une démarche incontournable, mais complexe. Cette complexité tient à :
• la multiplicité des fonctions qu'elle implique :
o collecte et analyse de l'information
o gestion des connaissances
o gestion des données documentaires
o diffusion d'informations
• la diversité des domaines qu' elle recouvre :
o marchés et concurrents
o technologies
o législation et réglementations
o environnement sociétal
o savoirs et savoir-faire
Pour ces raisons, elle se heurte encore à de nombreux freins. Nombre de managers ont une image déformée de ce qu'est la veille économique et stratégique :
• La veille se réduirait à des solutions informatiques.
Même privé d’informatique, un veilleur peut accomplir sa mission. L’outil informatique, s’il accélère l’exécution de la mission du veilleur, ne peut se substituer à lui dans l’exécution de sa fonction de collecteur, gestionnaire et transmetteur d’informations.
• La veille se confondrait avec l’espionnage (aux connotations négatives).
Ces deux activités se distinguent par leur champ d’application. La veille et l’Intelligence Economique, activités légales, ne traite que d’informations ouvertes, c'est-à-dire celles accessibles sur Internet, dans la presse, les bases de données. L’espionnage, activité illégale, vise les informations fermées, c'est-à-dire celles non accessibles à l’extérieur de l’entreprise.
• La veille serait réservée aux grands groupes avec de GROS CAPITAUX.
50% des PME-PMI utilisent Internet pour leurs échanges. Les PME-PMI sont aussi dépendantes de l’information que les grandes entreprises. Une attaque économique peut acculer une PME-PMI au dépôt de bilan, alors qu’elle ne sera que « très douloureuse » pour une grande entreprise. Le SYNAPI (syndicat national des prestataires et conseils en Information) a déploré l’association réductrice opéré par B. CARAYON entre intelligence économique et grandes entreprises françaises stratégiques.
En outre, des « veilleurs sur la veille » (journalistes, universitaires, auteurs d'ouvrages savants, consultants…) animent des querelles sémantiques ou des débats stériles sur l'état de l'art…
Le vrai point faible est que la décision de veille est prise par le manager. Encore faut-il passer un certain nombre de barrières :
• Le manager a t-il conscience de la nécessité de la veille ?
• Le manager sera t-il remis en cause par l’intervention du veilleur ?
• Le manager doit-il réellement faire appel à un consultant extérieur (« je sais faire ») ?
• Le manager a t-il une culture marketing, commerciale...?
• Le manager est-il prêt à partager cette information ?
Le manager avance donc généralement les arguments suivants :
« C'est cher et on n’en a pas besoin ! » - Oui, la veille coûte cher si vous choisissez de belles solutions technologiques sans vous poser la question de ce que vous souhaitez trouver.
« C'est de l'espionnage ! » - Voir supra
« J'ai plein d'informations (par mon commercial/ma secrétaire/mes fournisseurs/mes clients) et je connais mon marché, mes concurrents. » variante : « chaque service (R&D, commercial, administratif…) effectue sa veille lui-même » - Le commercial joue certes un rôle important dans la collecte d’informations. Toutefois, le métier du commercial est de vendre, non d’analyser les informations qu’il peut collecter, encore moins d’émettre des préconisations stratégiques. Voilà pourquoi un commercial, une secrétaire ou vos relations seront impuissants à contrer un campagne de désinformation ou de déstabilisation, parce qu’ils n’ont pas été formés pour cela. Un veilleur a aussi des compétences en Intelligence Economique.
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