Les procédures de licenciement économique collectif sont des événements graves pour l’entreprise, tant pour les directions générales que pour les salariés, mais aussi par contagion pour les tiers (clients, fournisseurs, actionnaires…).
A cette occasion, la légitimité des décisions prises par le management est singulièrement éprouvée. Si le licenciement collectif est un événement suffisamment dramatique pour susciter à lui seul une analyse, il n’a jusqu’ici pas été étudié sous l’angle de la justification économique.
Cette focalisation du débat sur la dimension sociale, humaine, politique et juridique d’un plan de licenciement se comprend, car au-delà de la survie de l’entreprise, l’enjeu d’un plan social est de restreindre autant que possible le nombre de personnes qui perdent leur emploi. Cela dit, la justification économique du licenciement collectif mérite plus d’attention.
L’acceptation consensuelle du licenciement économique prévaut à une poursuite de l’activité dans un climat social apaisé. A plus long terme, ce motif conventionnel approuvé par la direction et les salariés conditionne la pérennité de l’entreprise.
Encore faut-il comprendre les causes et les effets de cette justification économique. C’est l’objet d’une étude de la Dares, dont la première partie cherche à définir le contexte entourant une décision de licenciement collectif.
Dans un deuxième temps, l’étude déconstruit l’argumentaire de douze projets de licenciement collectif effectué par des entreprises dont l’identité est anonyme, de taille et d’activité différentes. Cette déconstruction est édifiante, car elle révèle les rhétoriques des licenciements mis en œuvre, mais aussi parce qu’elle permet d’aborder plus profondément les motifs des licenciements, leur impact et surtout la question du pouvoir dans l’entreprise.