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Le truc : être vraiment très formé en informatique, éduquez si possible le client. Ex. les pièces jointes aux courriels.
Soyez équipés !
Vous faites de la trad. ou de la cor. sous format d'origine (de PAO généralement).
Donc, il vous faut les polices de caractères (celles de la maison, dites parfois polices _corporate_ comme les Minion et Myriad corp. d'Adobe, qui comportent certains car. que les Minion ou Myriad, T1 ou Pro, n'ont pas).
Si vous êtes sur PC et avez reçu des polices envoyées depuis un Mac, ou inversement, vous savez à quoi vous en tenir. Le client ne pense jamais à envoyer ses polices, vous devez donc les posséder toutes ou l'avertir une vingtaine de fois pour qu'il consente enfin à le faire. Lui expliquer comment procéder (s'il utilise un Mac, invariablement, vous ne recevez au mieux que les polices d'écran).
Il faut de même posséder Alladin Expander (graticiel) et pratiquement tous les autres utilitaires de décompression. Puis utiliser MacDisk (cf. macdisk.com, du confrère Duheim) ou d'autres, plus parfois Transtype ou Crossfont.
C'est assez coûteux en équipement logiciel (ex. le client a Freehand, dernière version, il veut un doc Freehand, ou du XML, ou du SGML, &c.).
Même s'il existe beaucoup de logiciels gratuits pour faire du PDF, autant utiliser GhostScript (et GSView) si on n'a pas acquis Acrobat (reste parfois indispensable avec, en sus, PitStop Pro d'Enfocus). On envoie les étapes intermédiaires en PDF calibré écran (pour la portabilité), on pourra convaincre le client que le définitif (prêt à rouler ou graver en gravure directe de plaque, cylindre, etc.) sera accepté par son Imprimeur (toujours capitaliser le i de Imprimeur quand il s'agit de l'Imprimeur du client).
D'ailleurs, cela permet d'améliorer les docs (ex. on reçoit du QuarkXPress pas trop joli-joli en typo, on passe sous InDesign, on fournit du PDF que le client croit avoir été fait avec QuarkXPress et comme ça, il est content).
Bref, quelle que soit la casquette (journaliste, traducteur, correcteur), vous devrez pouvoir fournir un doc prêt à sortir, au format voulu (HTML, format d'impression, autre). Ou du PDF conforme à la norme locale (en France, Sicogif, en Bel., Febelgra, ailleurs, autre norme ad hoc).
Le client (et son Imprimeur) a toujours raison
Sinon, ayant perdu deux employeurs en trad. littéraire parce qu'ils m'avaient induit en erreur sur leur compétence et capacité à traiter un format (ou celles de leur Imprimeur), j'ai compris la leçon : le fournisseur (moi) a toujours tort, le client (et son Imprimeur) toujours raison.
En travail à distance, ne pas être équipé et formé ne pardonne que très rarement.
Plus on travaille à distance, plus les délais sont courts : on est l'abonné au travail en rush (hélas, rarement au tarif en rush). Car vous travaillez nuit et jour, ce qui n'est pas le cas des collaborateurs salariés du client.
Ajoutons qu'un vrai professionnel gagnera à avoir deux, voire trois abonnements (câble, ADSL, modem analogique) dans ces conditions (en cas de panne, faut fournir quoi qu'il en coûte). Plus un graveur de CD-ROM (vitesse 1x pour la gravure, via second ordinateur : le client a toujours un lecteur en parfait état de marche, c'est toujours votre graveur qui est défectueux, votre CD qui est raté) vu que (cf. infra, partie serveur du client) vous devrez à l'occasion vous excuser platement et envoyer, à vos frais, le CD par DHL ou UPS.
Il faut être vigilant : ce n'est pas parce que le client est sûr que son colis (connaissent rarement le ftp, envoient le boulot en pj. au courriel) est parti qu'il va parvenir. Ne jamais craindre de dire qu'on n'a pas encore reçu, accuser réception immédiatement en retour.
Pour le client, c'est jamais son serveur qui est en panne, toujours le vôtre...
Dernier point : surveiller son compte bancaire en ligne et ne pas oublier de vérifier que le virement du client a bien été effectué, gérer les relances.
De l'environnement du travailleur à distance
Et puis, munir sa machine à café d'un logiciel de dialogue pour pouvoir lui parler et bavarder un peu avec « elle » ;-)
Si possible aussi, disposer d'un local annexe à son domicile et se fixer des heures de bureau (on se lève, on va au bureau, on bosse, on revient chez soi, on ne ramène pas du boulot à la maison ; cf. cependant supra le § sur les collaborateurs salariés du client).
Et comme ça, si le client insiste pour une visio, il verra un bureau rangé (pas le foutoir du mien à domicile, mon seul lieu de travail, cf. infra le passage sur les vacances du travailleur indépendant à distance).
On peut aussi utiliser, pour ce genre de client, un paravent (une perruque pour masquer les cheveux ébouriffés n'est pas mal non plus ; penser à cadrer très serré sur sa figure et le plastron chemise rayée-cravate toujours à portée de main : il dissimulera les taches de café sur la chemisette délavée).
Pour les filles, un rapide coup de masque total hydratant bien épais est autorisé (après tout, vous travaillez à domicile. Très bon moyen de se lier d'amitiés avec les clientes en échangeant des trucs de maquillage, et les clients verront bien que vous êtes une fille très soigneuse quant à son apparence, et ça fidélise beaucoup mieux qu'un travail impeccable rendu l'avant-veille de la commande). Pour les garçons, la barbe de cinq jours fait négligé, et là, pas de solution miracle hormis laisser pousser la barbe en vacances. Avec le travail à distance en indépendant, vous n'avez pas de vacances, elles sont occupées à prospecter de rarissimes futurs clients, si possible en se présentant à leurs locaux (alors la barbe qui pousse, pas question).
Ne pas oublier que le client téléphone toujours lorsque vous vous trouvez aux toilettes.
Équiper ses toilettes d'une prise téléphonique ou disposer d'un seau hygiénique derrière le paravent.
Gros problème : les copines-copains et copines-copains des premier(e)s et de vos cousines et cousins éloignés.
Vous êtes travailleuse ou travailleur indépendant(e) à distance.
Vous êtes donc très formidablement équipé(e) et incommensurablement formé(e).
Le copain de la copine du cousin éloigné va donc fréquemment vous téléphoner et vous envoyer des courriels.
Genre : « je voudrais installer un truc pour que quand mon patron vient dans mon bureau, il ne voit pas que je joue à (jeu quelconque) et puis changer l'icône du truc pour qu'elle fasse plus sérieuse. Machin(e) m'a dit que tu pourrais arranger ça vu que t'es hachement calé(e) dans tout ça... Je te dérange pas, hein ? Bon, t'aurais pas une icône qui fasse pas rigolote ? Tu peux me téléphoner car tu sais, moi, j'y comprends rien et faut me prendre par la main. »
Autre genre : « Salut, j'ai un process d'écriture décalée en tâche de fond qui me bouffe mon D: et mon F: en tentant un backup sur un périf. inconnu. C'est pas documenté dans la KB. Trukchose m'a dit que tu connaissais le langage machine. Alors tu dois certainement savoir quel module est défaillant. Vu que j'ai rien vu dans l'observateur d'événements des services et que l'AccStore Class est pas renseignée, que dois-je faire ? Je compte sur toi, ça urge, j'ai déjà perdu 30 Go sur le D:.»
On gagnera à prévoir deux lignes téléphoniques, une pour les appels privés, une autre pour ceux des clients.
On dépannera toujours si possible les copines-copains des copains-copines.
Ce sont des employeurs potentiels ou des indicateurs d'employeurs potentiels.
On les dépannera le moins possible à distance : vos très judicieux conseils seront horriblement suivis, l'intervention conduira à la panne fatale, vous perdrez l'amicale considération de cet indicateur d'employeur potentiel après avoir perdu un temps infini à faire empirer la situation (c'est pas de la faute du conseillé si vous n'arrivez pas à expliquer clairement, et finalement, vous n'y connaissez rien, tout ce qui arrive est de votre faute).
On refusera toujours de dépanner le client qui sera adressé à une consœur ou confrère spécialisé.
Qu'on ne connaîtra que vaguement de réputation, même s'il s'agit de son meilleur copain ou copine.
C'est elle ou lui qui, par ses très judicieux conseils horriblement mal suivis par le client, mettra tout le réseau étendu du client en panne fatale. Car c'est elle ou lui qui n'y connaissait rien finalement et c'est de sa faute.
Vous plaindrez chaleureusement le client en lui remémorant bien que vous n'avez aucun lien proche ou lointain et qu'en aucun cas vous n'avez recommandé telle ou tel. Au contraire, vous direz pis que pendre du copain ou de la copine en vous montrant très compatissant envers le client. Vous avez augmenté vos chances de retrouver ce client après un délai plus ou moins long selon la gravité de la panne.
Notez que les meilleurs copains et copines vous adressant des clients feront de même...
De l'Imprimeur de son client
Cela ne saurait vous fâcher. Ce n'est quand même pas de leur faute si le CD hybride que vous avez expédié en express à l'imprimeur du client n'a pu être lu par le lecteur de l'imprimeur. Lequel a toute la confiance de votre client. Vu qu'avec son imprimeur, le client ne travaille pas à distance : ils s'envoient des coursiers, et cela n'a rien à voir avec du travail à distance. Pour son Imprimeur, le client a toujours tort, il en convient humblement, mais tout ceci n'arriverait pas si au lieu de vous avoir fait, à vous, confiance, il avait suivi pas à pas les conseils de son Imprimeur.
Lequel a toujours raison et n'est pas du genre à faire croire qu'il connait son métier. C'est le client qui convient fort volontiers que, finalement, il connait bien mal son métier de client et ses devoirs envers son Imprimeur.
On ne prendra langue avec l'imprimeur du client qu'a l'insu de ce dernier qui ne tolérerait pas qu'un tiers s'immisce dans les relations privilégiées qu'il entretient avec son Imprimeur. Dans ce cas, on adoptera la même attitude que le client envers cet imprimeur. La moindre allusion de son Imprimeur à votre encontre vous fera perdre définitivement la clientèle du client.
La voie royale
La solution idéale : emprunter très largement à sa banque, traquer les subventions auprès des édiles locaux, régionaux et nationaux, monter un site d'emploi pour travailleurs indépendants à distance, leur faire raquer un maximum pour qu'ils s'inscrivent, entretenir le rêve, embaucher un développeur bengali travaillant à distance pour qu'il fasse des logiciels utilitaires pour la gestion du travail à distance, les vendre cher aux autres travailleurs à distance.
On trouvera quelques employeurs potentiels qu'on invitera sur son yatch (acquis avec l'emprunt de la banque pour leur vanter le fantastique ROI de l'emploi de vos travailleurs à distance) et au golf (nécessite l'équipement satellitaire d'un trolley électrique aux mêmes fins) ou l'on distribuera libéralement des invitations au prochain tournoi de polo (proposer le prêt gracieux de son jet privé et de son équipage, subventionnés par les collectivités territoriales, aux prospects les plus intéressants).
On montera une chambre syndicale internationale des fournisseurs à distance de travailleurs à distance à des employeurs à distance et on préparera son entrée sur les marchés tout en traquant les subventions des organismes internationaux. À ce niveau, on se dispensera de payer les conseils des travailleurs à distance spécialisés en gestion financière et trafic d'influence car on est devenu intouchable et on ne vous envoie plus des huissiers.
L'important, c'est d'en sortir (ou d'y entrer autrement)
Non, franchement, le travail indépendant à domicile, c'est le rêve.
Mais comme je suis inconséquent et maso, je cherche à reprendre le métro et aller pointer dans une entreprise. Faire offre ... d'un boulot genre formateur en télétravail (avec stagiaires présents dans les locaux du stage, évidemment : tout étant dit dans le message ci-dessus, reste à décomposer en séances, délayer, faire durer. Les filles apporteront le masque hydratant bien épais requis, les garçons imberbes devront fournir une demande de dispense émanant de leurs parents ou conjoint[e]s ou du corps médical ; toutes et tous apporteront une cafetière ou tisanière électrique à mémoire de capacité suffisante et programmable).
Il me faut juste quelques fiches de paie pour aller voir mon banquier et obtenir un prêt.
Bon, allez, tout ça c'est des litotes, bien sûr. ;-)
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