Aujourd’hui, il est facile de trouver des solutions logicielles pour signer des documents numérisés. Comme la signature électronique (SE) peut se voir reconnue la même valeur probante que la signature manuscrite, les flux de documents peuvent être échangés en quelques clicks sur Internet. Ceci en faisant l’économie de déplacements, d’envois postaux, de logistiques lourdes et onéreuses liées aux traitements et à la gestion de documents papiers.
Si la Signature Electronique (SE) est devenue à la portée de tous, il n’en reste pas moins vrai que le déploiement de systèmes d’informations liés à dématérialisation (Marchés publics, des factures…) a encore du mal à se généraliser. Il est légitime de se demander quelles en sont les véritables raisons.
Pour être mise en œuvre, la SE nécessite l’intervention de techniciens. Les téléchargements de fichiers nécessaires à la mise en œuvre d’une SE ne représentent plus de difficultés pour la majorité des internautes. Cependant, savoir paramétrer un logiciel de messagerie n’est pas à la portée de tous. De fait, les fournisseurs de signatures électroniques s’adressent à des clients techniquement avertis.
Les méthodes de commercialisation de la signature électronique ne sont-elles pas à revoir ? En effet, il n’existe pas une SE unique mais des niveaux de signatures appropriés à des besoins particuliers d’une personne physique ou morale.
Ces niveaux de services sont fonction d’impératifs propres ou juridiques. Il s’agit de s’authentifier de façon certaine ou être conforme avec un cadre juridique établi pour échanger des factures ; recevoir et traiter des réponses à des appels d’offres pour des marchés publics… En conséquence, est-t-il judicieux de vendre en ligne de la SE, des certificats, des services en faisant abstraction de l’accompagnement nécessaire induit ?
Sans accompagnement à la maîtrise d’ouvrage, le déploiement de systèmes d’informations fondés sur de nouveaux concepts informatiques n’est-il pas voué à l’échec. Si elle passe par la diffusion partiellement gratuite de logiciels de lecture de documents, la mutation vers des modes de gestion sans papier se doit d’être conduite en projet.
Nombreux sont les applicatifs informatiques rejetés par les utilisateurs faute de les avoir adaptés aux réels besoins des utilisateurs ; d’avoir expliqué et conduit le changement.
La dématérialisation de documents est au carrefour de décrets ; normes, environnements ; sécurités... Elle nécessite de prendre en compte des moyens humains et financiers. Elle se doit de s’inscrire dans un système d’information existant. La réussite d’un projet de dématérialisation est donc conditionnée à un accompagnement. La signature électronique en boite ou sur étagère est un leurre. Il serait sans doute sage de garder à l’esprit que c’est « la fonction qui créée l’organe et non l’inverse ».