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En 1998 je me suis retrouvée maman seule, sans emploi, avec deux enfants de 7 et 8 ans à charge, et à mi-chemin de finir ma thèse de doctorat. En 2000 j’avais des revenus solides, je soutenais ma thèse et j’étais toujours présente pour mes enfants.
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La question qui me torturait l’esprit était: Comment travailler et m’occuper des enfants, tout en étant seule et dans un pays étranger? (Je venais d’arriver en France). J’avais travaillé dans plusieurs domaines, principalement en rapport avec les langues et l’éducation.
On m’a proposé un contrat de 20h à mon Université, pour faire de la traduction et de la recherche documentaire pendant quelques mois. Je devais me déplacer 25km sans voiture, dont les plus lourds étaient les 4 km que je devais parcourir à pied ou en vélo pour arriver à la gare. J’ai dit à la personne qui me proposait le travail: dois-je venir tous les jours? Je n’ai pas de voiture, je ne peux pas arriver avant 10h00 ni partir après 14h00 et les mercredis c’est impossible, les enfants n’ont pas école. Les jours où ils seront malades ou en vacances je ne pourrai pas venir non plus.
Cela a été le début : l’Université a accepté que je me déplace seulement 2 jours par semaine et que je travaille à la maison le reste du temps. J’avais un vieil ordinateur sans connexion à Internet, il m’a bien rendu service les premiers mois, le temps de m’en acheter un plus performant et de me connecter à l’Internet. La connexion était très chère, pas d'ADSL ni de forfaits illimités à l’époque, donc cela ne rendait pas les choses faciles. Mais à force de fouiller le net j’ai trouvé des clients pour mes services de traduction. Je pense que beaucoup de services peuvent se fournir à travers l’Internet mais il y a encore des craintes à surmonter. Je le sens lors des contacts avec nombre d’entreprises : dès que je dis que je suis établie en Espagne c’est comme si je n’étais pas honnête!
Mais j’ai trouvé le moyen de faire face à ces difficultés en passant par des agences de traduction, un intermédiaire devenu nécessaire parce que les agences ne redoutent pas de travailler avec des traducteurs établis à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de leur siège. Les agences de traduction ont vite compris l’intérêt de la mondialisation et des nouvelles technologies. Elles ont des dizaines ou des centaines de collaborateurs qui, comme moi, travaillent chez eux. Des collaborateurs à la carte, spécialistes dans les domaines les plus variés, qui appliquent des tarifs parfois avantageux parce que la vie chez eux est parfois moins chère qu’en France ou aux États-Unis, etc.
Et je travaille la nuit ou le week-end s’il le faut, mais je suis toujours disponible pour accompagner mes enfants, qui seront bientôt des lycéens! Ils ont été la cause de mon télétravail, mais je ne changerais pas mon statut pour rien au monde, maintenant.
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