|
Chacun de nous perçoit une parcelle de réalité, à travers ses filtres (culturels, éducatifs, sensoriels). Informer vient de IN FORMARE, c'est un processus de mise en forme. En fonction de notre vécu, de nos valeurs, de nos préoccupations du moment, nous sommes réceptifs à certains aspects de la réalité. Nous les codons, nous les interprétons, nous les transformons. Il n'y a pas un monde réel mais une multitude de perceptions virtuelles.
La tendance est à croire que nous allons réussir, en conservant nos écoles traditionnelles et nos gestion d'entreprise à l'ancienne. C'est facile de suivre le troupeau. Toute notre société est basée sur la démarche binaire, de l'enseignement à la politique, en passant par les médias et par les relations. La dualité est une base, compréhensible par le plus grand nombre. C'est simple : c'est vrai ou c'est faux. Une porte est ouverte ou fermée. Le courant passe ou non. J'ai raison ou j'ai raison.
Le raisonnement est simpliste, réducteur, binaire. Cette dualité est utile dans de nomreux domaines. Elle permet de comprendre des phénomènes, d'apprendre des processus, de gérer des projets, d'organiser un planning, de structurer une organisation, de mener des recherches scientifiques, de répertorier l'information etc. Humainement, nous adorons expliquer les choses. Cela nous rassure sur notre intelligence et sur notre puissance. Nous contrôlons notre vie, nous gérons notre avenir, nous maitrisons les évènements. Nous capitalisons les réponses.
Sommes-nous gagnants ?
Dans la logique binaire, le but est d'atteindre un résultat, en un nombre fini d'étapes. De ce point de vue, certains atteignent un résultat visible, en euros ou en dollars, et s'estiment satisfaits. Le processus était-il optimisé ? La réponse à cette question va faire la différence entre ceux qui produisent de façons rentables, et les autres.
Mais n'oublions pas la troisième catégorie, et ils sont nombreux : ceux qui bouclent dans le programme, ou dans le cercle vicieux. Ils agissent ou s'agitent, mais restent insatisfaits. Ce qui est évident, c'est qu'ils consomment des ressources et de l'énergie, sans atteindre un résultat.
Le diplôme est un acquis pour l'étudiant. L'entreprise attend des résultats. Oups ! Ce n'est plus le Savoir qui compte mais l'expérience.
Et nous faisons le maximum pour apprendre des techniques, des gestes, des méthodes. Nous cherchons à AVOIR, à FAIRE, à SAVOIR-FAIRE et ... nous sommes perdus. Nous n'arrivons plus à contrôler le planning. Nous ne maitrisons plus les émotions. Les objets se mettent à bouger. Les frontières disparaissent. La logique binaire devient floue. L'amour ne rime plus avec toujours. L'autre ne m'écoute plus. Je suis au milieu de la foule, seul(e) !
Ah oui, on avait omis de vous dire que c'est l'être humain qui fait toute la différence. C'est logique. A diplômes équivalents ou expériences comparables, quel est le choix du recruteur ? Il faut se démarquer, être créatif, proposer une plus-value, s'adapter rapidement. Se démarquer, c'est simple. Quelle que soit le contexte, vous trouvez les questions pertinentes, vous maitrisez la situation, vous dénichez des opportunités et vous communiquez efficacement. N'étant pas du genre à baisser les bras, nous nous mettons à nouveau en recherche. Dans tout le Savoir acquis, il doit bien y avoir quelque chose sur la différence ou la flexibilité ? Non ! Ai-je entendu parler d'émotions ou de potentiels humains ? Non. M'a-t-on enseigné l'importance des questions, les notions d'adéquation ou l'optimisation de processus ? Non plus ! Je dois me rendre à l'évidence que je ne parviens pas à répondre aux attentes du système. Durant des décennies, on m'a laissé croire que l'avoir et le savoir étaient indispensables. Et aujourd'hui, on me demande l'inverse : soyez spontané, créatif, différent !
L'approche systémique existe depuis les années 50. La relativité l'avait même devancée. La physique quantique bouleverse les principes standards.
La mondialisation inverse nos modes de fonctionnement. Et nous nous obstinons à croire que rien n'a changé, à défendre une réalité limitée et dépassée. Nous adoptons un discours de victime, accusant les politiques, pleurant sur notre sort. STOP ! Il convient de remettre un peu les choses à leur place. Prenons un peu de recul par rapport à la logique binaire. Nous avons non seulement adhéré, mais contribué à ce déséquilibre social. Nous avons renoncé à l'essentiel. Et il ne tient qu'à nous de décider de changer.
Humainement, nous avons un pouvoir immense : notre libre-arbitre. Nous sommes libres de nous interroger, de nous remettre en questions, d'avoir un avis, de changer ou d'évoluer. La question offre un espace de possibles. Adopter un autre point de vue, revoir ses convictions, dépasser ses limites, être humain à part entière, explorer son potentiel, assumer ses différences, sont autant de choix qui s'offrent à nous pour réussir notre vie personnelle et professionnelle. La différence est non seulement indispensable à l'échange et à l'enrichissement, elle est l'avenir !
|